Garden State : une parenthèse douce-amère de la vie

    Garden State : une parenthèse douce-amère de la vie


    Parfois, la simplicité apparente d'un film fait tout son charme, sans chercher à éblouir . Garden State, premier long-métrage réalisé par Zach Braff en 2004, fait partie de ces œuvres discrètes mais profondément touchantes, qui vous enveloppent doucement comme une couverture oubliée dans un grenier. C’est un film qui se savoure, qui se ressent, qui parle doucement… mais qui parle vrai.

    Andrew Largeman (Zach Braff), acteur de série B sous médication chronique, revient dans sa ville natale du New Jersey pour l’enterrement de sa mère. Ce retour forcé dans les lieux de son adolescence devient un véritable voyage intérieur. Il y retrouve d’anciens amis perdus de vue, mais surtout, il y rencontre Sam (Natalie Portman), une fille étrange, pétillante, rayonnante de sincérité maladroite, qui bouleversera sa vision du monde.

    Garden State, c’est l’histoire d’un réveil. Le récit d’un jeune homme qui, anesthésié par la vie et les pilules, commence lentement à réapprendre à sentir, à aimer, à pleurer aussi. C’est un film sur les petites choses : les silences qui parlent, les regards qui guérissent, les maladresses qui rapprochent. Zach Braff signe une œuvre très personnelle, oscillant entre mélancolie douce et humour décalé, avec une authenticité rare.

    La bande originale, soigneusement composée, est à elle seule une promesse d’émotion. The Shins, Coldplay ... chaque morceau s’accorde parfaitement à l’atmosphère cotonneuse du film. On comprend vite pourquoi Sam dit à Andrew : « You gotta hear this one song. It’ll change your life. »

    Natalie Portman y est lumineuse. Son personnage, un brin excentrique, incarne la spontanéité et la vulnérabilité dans ce qu’elles ont de plus désarmant. Elle n'est pas un cliché de « manic pixie dream girl », mais une âme à part entière, aussi perdue que le héros, mais résolument vivante.

    Au fond, Garden State n'est pas tant un film qu’un instant suspendu. Une respiration. Une plongée poétique dans ce moment flou entre la fin d’un passé douloureux et le début d’une vie qu’on choisit enfin. Il ne prétend pas offrir de réponses, mais il vous prend la main pour vous dire que c’est normal d’être perdu — et que parfois, c’est là que commence la vraie aventure.

    Si vous aimez les films qui parlent au cœur, sans fard ni grands effets, Garden State pourrait bien devenir un petit refuge auquel vous aimerez revenir.

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